Grandes souffrances - Caritas
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Grandes souffrances

Témoignages

Des Syriens racontent leurs douleurs et leurs souffrances après des années d’une guerre insoluble et d’une pauvreté croissante. Caritas répond rapidement alors que la guerre passe d’une région à l’autre, en offrant une aide immédiate.

La douleur de perdre un enfant

Hana* et son mari Farhan* ont enduré le pire des cauchemars que peuvent subir des parents en temps de guerre. Leur jeune fils a été tué lorsque l’école où il se trouvait avec son frère jumeau a été bombardée à Damas.

Hana est inconsolable lorsqu’elle raconte comment elle s’est précipitée à l’école et a pris son fils dans ses bras pour le porter à l’hôpital le plus proche, dans une tentative désespérée pour le sauver.

“J’ai couru là-bas et je l’ai trouvé par terre. Je l’ai pris dans mes bras, ses yeux étaient ouverts”, se souvient-elle à travers une pluie de larmes.

Elle parle de scènes de chaos et d’une douleur indescriptible pendant que les enfants blessés étaient transportés à l’hôpital.

“Il y avait des enfants sans bras, sans doigts, des enfants au ventre béant, c’était vraiment atroce”.

“Ils ont mis tous les enfants aux urgences et Sinar a disparu. Au bout d’une heure je leur ai demandé :“Où est Ferran?”.

Ils m’ont répondu: “ Il était mort quand vous l’avez amené.”

Hana et Farhan essaient de reconstruire leur vie avec le fils qui leur reste, ils ont bénéficié du soutien précieux de Caritas. Farhan a pu avoir une prothèse de la hanche grâce aux fonds fournis par Caritas.

“Caritas est la plus importante organisation humanitaire”, dit-il. “Ils m’ont aidé à me débarasser de ma douleur.”

Hana ne peut pas imaginer une autre vie en dehors de la Syrie. “Ici c’est notre pays. Nous ne le donnerons à parsonne”, dit-elle. “Je ne peux pas imaginer d’être enterrée dans un pays qui n’est pas le mien, loin de mon fils”.”

Son mari ajoute:”Avant la guerre la vie était belle. Malgré le conflit notre pays est encore le plus beau au monde.”

*Les noms ont été changés.

Caritas aide à la survie

Aida* et Idris* ont fui la ville syrienne de Maaloula avec leur jeune enfant lorsque des groupes armés ont envahi la ville, connue pour sa forte communauté chrétienne. Ils ont tout abandonné et vivent à présent à Damas.

“Des groupes armés ont tenté à plusieurs reprises de pénétrer à Maaloula”, dit Idris: “Ils ont commencé par lancer des obus et des pneus explosifs sur les églises et les maisons.

“J’ai été blessé par un tir au mortier et conduit à l’hôpital. Après quoi je suis retourné à Maaloula pour la défendre car c’est ma terre, mon village et ma langue, l’araméen. C’est ma langue et c’était celle de Jésus.”

La famille avait une boutique à Maaloula, et Idris avait aussi un petit lopin de terre qu’il plantait et où il élevait des abeilles. Ils avaient une belle vie.

“Notre maison a été complètement détruite. Nous n’avons pu garder que cette icône et une image de Jésus-Christ. Qu’allons-nous faire? Je voudrais envoyer mon flls à l’école, mais j’ai peur.”

Aida est reconnaissante pour l’assistance fournie par Caritas à Damas.

“Je me suis adressée à eux en expliquant ma situation, leur disant que je n’avais personne pour m’aider. Ils m’ont donné des bons alimentaires. Cela nous a bien aidés. Caritas est la seule entité humanitaire qui nous ait aidés à ce moment-là. Il n’y a personne pour le faire maintenant.”

L’avenir est incertain pour cette famille et Idris se demande s’ils vont rester ou non en Syrie. “J’aimerais rester, mais pour mons fils il vaut mieux partir. Je veux qu’il puisse avoir une meilleure vie plus tard. S’il n’y avait pas de risques, c’est sûr que je resterais.”

*Les noms ont été changés.

Extraordinaire histoire de survie

Les frères Arif* et Husam* ont de la chance d’être encore vivants. Il avaient été arrêtés par des militants à Adra, dans le sud de le Syrie, et ont manqué de peu d’être exécutés.

“Ils nous ont porté dehors pour nous exécuter. Mon frère s’est agenouillé devant la clôture. J’ai posé ma main sur son épaule et lui ai dit: “ Ensemble avec Jésus au ciel”. Soudain les militants ont commencé à se disputer et l’exécution a été suspendue.

Les deux frères ont eu leurs mains liées derrière le dos et ont été obligés d’entreprendre un long voyage à pied dans la boue et la neige, avant d’être emprisonnés pendant deux ans.

“Nou vivions dans la douleur et l’oppression à chaque seconde, à chaque instant. Parfois nous passions 48 heures sans rien manger. Il y avait deux cuillerées d’eau par jour et par personne.” Les frères n’arrivaient pas à croire leurs yeux quand ils ont enfin été libérés.

“Soudain la porte s’est ouverte et quelqu’un a dit: “Vous êtes libres maintenant.” Je n’arrivais pas à le croire, je croyais rêver. Allais-je rentrer dans ma famille? Je ne m’attendais pas à pouvoir la revoir un jour.”

D’autes membres de la famile avaient également enduré des souffrances pendant la détention des deux frères. Certains ont marché pendant huit heures à travers le désert avec un bébé dans les bras pour échapper à la violence à Adra. La famille a pu depuis se retrouver mais elle a perdu tout ce qu’elle avait, ainsi que leurs moyens de subsistance.

“Nous nous sommes adressés à Caritas”, dit Alia*, la soeur des deux hommes. “Ils nous ont donné toute sorte d’aide alimentaire et des médicaments. Ils nous ont fourni ce dont nous avions besoin à ce moment-là.”

“Caritas nous a apporté un soutien moral. Nous avons vu tout d’abord leurs beaux visages souriants. Ils ne nous ont pas fait sentir que nous recevions une donation.”

*Les noms ont été changés.

La souffrance au quotidien

Il est difficile d’imaginer ce que Sahib*et sa famille ont à endurer chaque jour. Sahib est resté paralysé après avoir été frappé à Irbin par la balle d’un franc- tireur qui a détruit son épine dorsale, au moment où il traversait la rue après le couvre-feu, la nuit.

“Je n’ai aucune sensation depuis mon abdomen jusqu’à mes doigts de pied”, dit Sahib: “Dieu merci, mes mains vont bien.”

Avec ses parents, ses soeurs et sa famille élargie, Shahib a dû déménager plusieurs fois d’Irbin vers d’autres localités, avant d’arriver à Damas. La famille vit à présent dans des condiitons difficiles, entassée dans un entrepôt recyclé.

Sa mère, Khadiya*, dit que prendre soin de son fils est une lutte permanente. “Nous avons beaucoup souffert avec lui après l’accident”, dit-elle. Son père, Rushdi*, éclate en sanglots en racontant que son fils aurait besoin de médicaments, de cathéters et d’autres services médicaux.

“Nous n’avons pas un sou,” dit Rushdi. “Nous ne pouvons pas nous permettre de voyager. Ici nous ne pouvons pas le faire soigner.”

Ses deux gendres ont été tués dans le conflit syrien, et leurs deux filles et huit petits-enfants vivent avec eux dans l’entrepôt. “L’un a laissé trois enfants, l’autre cinq. Notre situation a encore empiré,”dit Rushdi.

Salma*, la fille qui a trois enfants, habitait Babbila, près de Damas, lorsque son mari a disparu. “Il est parti chercher de la nourriture et n’est jamais revenu. Nous avons entendu dire qu’il avait été enlevé mais nous n’avons pas la mondre idée de ce qu’il est devenu. Cela fait maintenant quatre ans et notre souffrance est immense.”

Caritas a fourni à la famille une aide alimentaire, des vêtements et des couvertures. “ Nous ne pouvons pas nous en sortir tout seuls, nous avons besoin d’aide” dit Khadija: “Nous ne pouvons pas vivre sans charité. Ils sont en train de nous aider.”

*Les noms ont été changés

Partir ou rester?

Abeer* et ses huit enfants ont survécu à une attaque de tirs au mortier qui a atteint leur maison à Hujara, mais une de leurs filles, Zainab*, a été grièvement brûlée.

“Nous ne pouvions pas sortir pour la faire soigner, nous sommes restés assiégés entre une semaine et 10 jours,” dit Abeer. “Toutes les maisons et les mosquées avaient brûlé. Il y avait des cadavres partout.”

La famille a fui vers Babbila et de là est arrivée à Jaramana, dans la banlieue de Damas.

“ Nous sommes en très mauvaise situation, mon mari a subi une opération à coeur ouvert”, dit-elle. “Mon fils Mohammed est étudiant et c’est le seul à travailler et à gagner un peu d’argent. La vie est difficile.”

Mohamed, 20 ans, a envisagé de quitter la Syrie pour pouvoir aider sa famille et a pris contact avec ses oncles pour qu’ils l’aident à gagner la Turquie.

“Mais si je quitte le pays il n’y aura plus personne pour soutenir ma famille,” dit-il. “Mes parents ont rejeté cette idée. Mon père a dit: “Je ne peux pas vivre sans toi, si tu t’en vas ma vie n’aura pas de sens.”

Caritas a aidé la famille avec des médicaments et des crèmes pour Zainab. Abeer dit que Caritas l’a également aidée pour une opération de la vésicule biliaire et pour ses jeunes garçons, une paire de jumeaux qui ont des problèmes de retard de croissance.

“Tout a changé,”, dit-elle. “Nous sommes plus épuisés que nos enfants.”

“Nous sommes partis avec à peine ce que nous avions sur le dos. J’ai laissé derrière mon mari, j’ai fui avec les enfants.”

*Les noms ont été changés.

Caritas œuvre dans la miséricorde et la compassion pour soutenir la dignité des personnes, quelle que soit leur confession, et même si elles en sont dépourvues.

Que pouvez-vous faire pour aider ?